12/15/2006

Lettre de Richard

Chers camarades de RM06

C’est avec beaucoup de regrets que je ne pourrai être présent à l’AG du 16 décembre. Regrets d’autant plus grands que j’aurais aimé vous expliquer de vive voix les raisons de ma démission de « Rénover Maintenant », tant j’ai apprécié le travail que nous avons accompli ensemble depuis presque un an. Mais la fracture de Frangy, les décisions non respectées de Fouras, l’attitude et le choix d’alliance d’Arnaud Montebourg font que je ne peux plus en conscience représenter ce mouvement.Bien entendu, la règle démocratique voudrait que l’on «s’aligne» sur la majorité et donc que j’apporte mon soutien à Ségolène Royal. Je ne pourrais cependant le faire qu’avec l’esprit critique et l’exigence qui m’animent, et qui ont été, je crois, les dénominateurs communs de notre engagement. Or, les soutiens apportés à Ségolène Royal par « Rénover Maintenant » me semblent aujourd’hui à l’opposé de cette démarche. Voilà en quelques mots, les raisons de mon désengagement de « Rénover Maintenant » et de mon rapprochement du groupe qui est en train de se créer avec tous ceux qui, membres de « Rénover Maintenant », ne se reconnaissent plus dans cette façon de faire de la politique.

Amitiés à tous

Richard

12/05/2006

...Où nous retrouvons Arnaud et notre projet de rénovation pour la VIème République....



Je vous propose une
AG le Samedi 16 Décembre a 18h
à la Féderation Rue Biscarra.
Amitiés Rénovatrices
Pascale GERARD

« Le projet Royal : la révolution démocratique » par Arnaud Montebourg
4 décembre
Disponible en ligne à l'adresse http://www.renover-maintenant.org/article.php3?id_article=611
« L’intérêt général s’efface dans la confusion et l’irresponsabilité des pouvoirs. Le débat démocratique est confisqué. Les promesses électorales sont oubliées. Le dialogue social est archaïque. La décentralisation a été dévoyée. Notre justice est ébranlée. Comment s’étonner que, dans ces conditions, le lien de confiance soit dramatiquement affaibli ? Toutes les élections et toutes les enquêtes d’opinion de ces dernières années délivrent obstinément le même message : les Français ne se sentent ni écoutés ni entendus ni compris. Ils ne sont pas devenus indifférents à la politique, mais ils veulent une démocratie qui fonctionne mieux et avec eux, dans laquelle chacun se sente respecté. C’est un choix politique : celui de combattre le sentiment d’impuissance qui mine la démocratie et de partager plus largement les décisions pour améliorer l’action publique. Car nous avons toutes soifs de considération, soif de maîtrise personnelle de nos existences, soif d’efficacité collective et de résultats sans gaspillages ni lenteurs »
Ce diagnostic de Ségolène Royal est le tissu de ce qui doit devenir notre feuille de route pour changer les institutions de la République. Des institutions de la République qui exercent la plénitude de leurs attributions avec l’aide de citoyens qui ne soient plus exclus d’une histoire qui est la leur, c’est cela la révolution démocratique. Pour la faire nous disposons du socle du Projet socialiste qui nous engage tous. Sa richesse sur la question des institutions appelle une mise en ordre qui doit être aussi une mise en route sans délai.
Mise en ordre
Les propositions les plus innovantes ou urgentes sont les suivantes :
le mandat unique pour les parlementaires, la limitation à trois mandats consécutifs, l’interdiction du cumul des fonctions ministérielles avec une fonction exécutive locale ;
l’introduction d’une dose de proportionnelle (1/5° de l’Assemblée nationale) dans les élections législatives ;
la reconnaissance d’un droit d’initiative citoyenne fondé sur un droit de pétition d’un million d’électeurs au moins de 30 départements ;
le droit de vote pour les étrangers dans les scrutins locaux.
Viennent ensuite des propositions qu’il nous faudra préciser ou compléter :
le travail du Parlement sera amélioré par la co-maîtrise de son ordre du jour avec le gouvernement, la suppression du vote bloqué et du 49-3, la « stricte limitation » de l’art. 38, l’augmentation du nombre des commissions parlementaires permanentes et un statut pour l’opposition ;
le Sénat perdra son droit de veto en matière constitutionnelle en même temps que la proportionnelle sera étendue ;
le vote blanc sera pris en compte comme suffrage exprimé.
le Conseil constitutionnel pourra être saisi par les citoyens ;
le Conseil Economique et Social sera rénové.
Enfin et toujours sur la base des énoncés du Projet, il nous faut avancer dans trois directions :
la présidence de la République doit devenir le lieu d’une vraie responsabilité tant politique que morale. Elle ne doit plus être le symbole de la confusion des pouvoirs. Le « domaine réservé » disparaîtra. L’essentiel du pouvoir de nomination passera au Premier ministre qui assumera une fonction charnière entre le Parlement et les institutions de l’Union européenne.
le Parlement gagnera un nouveau rôle dans la politique étrangère et de défense. Il procèdera aux nominations à la majorité qualifiée dans les différents conseils (constitutionnel, de la magistrature, de l’audiovisuel...).
un « contrat de majorité » liera le Premier ministre et la majorité de l’Assemblée nationale ; il sera la base de la confiance retrouvée dans le législateur et l’expression de la force reconstituée de la volonté nationale.
Mise en route
Un référendum sur ces questions sera organisé dès le mois d’octobre 2007. Il pourrait être étendu dans trois directions que la loi aurait à charge d’organiser :
la démocratie sociale : le projet en cours d’adoption au Conseil économique et social si proche du projet socialiste de refondation de la démocratie sociale, pourrait servir de base pour institutionnaliser de nouveaux rapports entre les travailleurs et leurs organes de représentation et de négociation.
La démocratie médiatique : Le peuple doit pouvoir se faire son opinion par lui-même grâce à une information indépendante, honnête et pluraliste. Nos médias ne doivent pas servir d’autres intérêts que celui de l’information. Mettre fin aux mélanges des genres, c’est assainir économiquement ce secteur, le rendre plus dynamique et plus vertueux. Les groupes médiatiques ayant des intérêts dans d’autres secteurs économiques, étrangers à l’information et dépendants de la commande publique, devront donc choisir. L’Etat interviendra pour protéger ce droit fondamental à une information libre et pluraliste.
La démocratie participative : les initiatives locales nombreuses de contrôle, de délibération et d’expertise citoyenne seront étendues. Les bonnes pratiques seront étendues à tout le territoire. Des procédures nationales les conforteront au niveau national. Elles permettront une vraie relance de la décentralisation qui identifie les responsabilités et rende l’Etat plus efficace ; « décentralisation », le mot a été bien usé et bien galvaudé, mais nous le réhabiliterons en lui donnant tout son sens qui affirme l’intelligence des territoires.
Ségolène Royal résumait ainsi, à Frangy en Bresse, la pensée de son action : « Cette révolution démocratique indispensable pour mener des réformes durables, conduira-t-elle à une 6ème République ? Je vous propose d’y répondre en nous fondant sur ce principe de respect et sur une politique par la preuve : faisons d’abord les choses et nommons-les ensuite. Quand nous aurons accompli cette révolution démocratique et cette réforme institutionnelle, lorsque nous aurons tenu parole, alors nous saurons si nous sommes en train de créer une 6ème République. Donnons-nous rendez-vous à ce moment-là pour savoir si nous avons réussi, car ce qui est important c’est une conception exigeante de la responsabilité de la fonction politique. Et aussi une manière plus transparente, plus simple, plus directe, d’exercer le pouvoir. »
>> Article paru dans le n°90 de "Tribunes socialistes", publication du Groupe Socialiste à l’Assemblée Nationale. Ce numéro comporte un dossier spécial intitulé "Le projet Royal" avec les contributions de Julien Dray, Jean-Jack Queyranne, Gaëtan Gorce, Pierre-Alain Muet, Nicolas Anxionnat, Gilles Savary et Geneviève Gaillard. Pour consulter ou télécharger ce numéro, cliquer ici

11/29/2006

Après sa démission de RM, Michaël Moglia écrit aux rénovateurs

Cher camarade rénovateur,

Suite à plusieurs désaccords de fond, lors de la campagne interne, avec Arnaud Montebourg quant au choix du soutien apporté à la candidature de Ségolène Royal et en raison de problèmes de forme que je désapprouve, j'ai décidé de quitter le poste de secrétaire général que j'occupais au sein de « Rénover, maintenant », depuis sa création.
A l'occasion du Conseil d'administration réuni le 25 novembre à Paris, j'ai également annoncé ma décision de quitter ce courant.
Depuis qu'Arnaud Montebourg a décidé au mois de juillet de soutenir la candidature à la candidature de Ségolène Royal, il n'a eu de cesse que de vouloir imposer cette décision personnelle à l'ensemble des militants et sympathisants de « Rénover, maintenant. »
Souhaitant obtenir une adhésion unanime de RM, tous les moyens furent utilisés.
Au fil des jours puis des semaines, chacun a bien compris que, dans les conditions de son ralliement, figurait le don du courant à la candidate.
A grand renfort de communication, le mouvement de nombreux responsables nationaux, animateurs régionaux, départementaux et militants ayant fait un autre choix a été sciemment et méthodiquement nié.
Notre démarche militante aurait pu se poursuivre en commun si le libre choix avait été accepté lors de nos journées d'été, fin août à Fouras, ou si la possibilité avait été donnée à chaque militant, par l'organisation d'un vote clair, de décider de suivre ou non la démarche personnelle engagée par Arnaud Montebourg.
En démissionnant, je manifeste ainsi ma déception de voir « Rénover, maintenant » s'éloigner des pratiques rénovatrices dont nous nous réclamions.
Pourtant, la nécessité de renforcer notre ancrage clairement à gauche et de rénover les pratiques militantes reste plus que jamais d'actualité à quelques mois de l'élection présidentielle.
Passée la déception, c'est une nouvelle aventure rénovatrice qui démarre.
Bien à toi,

Michaël Moglia

11/17/2006

Les rénovateurs avec Laurent Fabius

Cher camarade rénovateur,
Tout d'abord merci beaucoup pour ton soutien.
Tu trouveras ci-dessous un communiqué des présidents d'association qui ont lancé cet appel.
A bientôt pour d'autres nouvelles,
Bien à toi
Les rénovateurs avec Laurent Fabius

Communiqué des « rénovateurs avec Fabius »


Après plusieurs semaines de débats, d'échanges et de confrontations des idées, la campagne interne de désignation de notre candidat(e) pour la prochaine présidentielle s'est achevée à l'issue du premier tour de scrutin ce jeudi 16 novembre.


La victoire de Ségolène Royal est large, nette et sans appel.


La pression des médias et des nombreux sondages ainsi que le « besoin » de renouvellement du personnel politique semblent l'avoir emporté sur une certaine conception du parti socialiste et de la gauche.


Mobilisés au service de nos valeurs, c'est avec fierté que nous avons mené campagne aux côtés de Laurent Fabius, candidat du projet socialiste défendant une réorientation économique, sociale, environnementale et démocratique pour la France et l'Europe.


Nous souhaitons dans le cadre du nécessaire rassemblement des socialistes que Laurent Fabius contribue par sa présence et les idées qui sont les siennes à la victoire de 2007.


Sans nier les différences de fond défendues par les trois candidats lors de cette campagne, sans oublier non plus les dérapages de quelques uns, nous en appelons donc aujourd'hui à ce rassemblement, condition sine qua non pour l'emporter en 2007.



Michaël Moglia,
Président de RM Nord;
Julien Collette, Président de RM Seine-Maritime, Secrétaire général de la C6R;
Hélène Parra, membre de la direction nationale de RM, RM Nord, secrétaire fédérale PS Nord;
Daniel Ory, Président de RM Ain;
Jean-Michel Nivet, Président de RM Charente ;
Jack Ros, Président de RM Charente maritime ;
Florence Defiolles, Présidente de RM Deux-Sèvres ;
Thierry Mirebeau, Président de RM Vienne ;
Emmanuel Chaumery, Président de RM Isère ;
Henri Laviole, Président de RM Landes ;
Hubert Belz, Président de RM Territoire de Belfort ;
Hubert Hurard , Président de RM Haute-Vienne ;
Sébastien Bénureau, président de RM Vendée ;

11/16/2006

Pourquoi je vais voter Laurent Fabius ?



Le doute qui pèse sur la probité du scrutin interne au Parti Socialiste, le système de la double enveloppe, le refus de prendre en compte les bulletins blancs comme le propose le Projet des socialistes pour les échéances électorales, le refus de comptabiliser les votes nuls dans les suffrages exprimés sont autant de limitations à l'exercice de l'expression militante.
Notre Parti n'a pas le courage d'acter pour lui-même ce qu'il propose aux françaises et aux français.
Je me suis tenu en tant que rénovateur, et avec plus de force encore après "Le choix de l'alliance" d'Arnaud Montebourg qui a engagé le mouvement "Rénover, maintenant" contre son gré, sur une position de distance critique dont le vote blanc pouvait être l'expression. Cette position militante ne peut donc pas être tenue.
J'ai donc décidé de voter dans l'espace permis par le Parti Socialiste, et de faire compter ma voix au plus près de ce qui représente l'âme en difficulté, mais l'âme survivante des socialistes : son projet.
A cerner, au-delà des querelles sur le passé politique des trois candidats, la meilleure représentativité de l'expression du Projet des socialistes me semble résider dans l'escarcelle de notre camarade Laurent Fabius qui est le seul à offrir la cohérence de Gauche qui a su faire gagner en son temps les convictions de tous les socialistes.
Malgré l'oubli momentané de mes engagements de rénovateur qui rend visible une manifestation affadie de mes convictions socialistes, je vais voter Laurent Fabius.


Michel Gros
Section socialiste de Cannes

Une interview de Benoît Hamon(Entretien paru dans le mensuel TOC n°24, novembre 2006)

Montebourg et Peillon, cadres historiques du Nouveau parti socialiste, ont rallié Ségolène Royal.
Une stratégie fustigée par le plus jeune parlementaire PS, autre fondateur du courant prônant la rupture avec les institutions de la Ve République. Benoît Hamon soutient la candidature de Laurent Fabius.
Le Parti socialiste est-il en train de se recomposer ?
L'instabilité des courants est le produit des institutions de la Ve République. Mon courant a fait du rapport aux institutions de la Ve une des clés de compréhension de la crise de la démocratie française, et il dénonce depuis cinq ans la personnalisation du débat politique.
Le NPS, qui produit des analyses, explose au moment de la désignation des candidats ! Tous ses leaders historiques, sauf moi, ont fait le choix d'une candidate qui propose la perpétuation du système, la démocratie participative en plus. Mais elle ne propose pas de rupture avec les institutions de la Ve.
Mais ce ne sont pourtant pas les institutions qui font exploser les courants. Non, bien sûr. N'empêche que ce qui est frappant, c'est de voir à quel point les courants sont fragiles sur le socle politique et culturel qu'ils sont censés représenter. Les courants n'incarnent pas, comme ils le faisaient historiquement, une pensée forte, alors même qu'ils la revendiquent....Ils le prétendent, mais regardez le NPS : sur quelle base aujourd'hui se fondent Vincent Peillon et Arnaud Montebourg pour rejoindre Ségolène Royal ? Sur la base du renouvellement, de la rénovation. C'est-à-dire sur le plus petit dénominateur commun qui a été notre patrimoine politique et idéologique depuis cinq ans. Nous avons développé une analyse sur le rapport capital-travail, sur la question de la démocratie et des institutions. Et ce sur quoi aujourd'hui Arnaud et Vincent se positionnent, c'est sur le renouvellement du personnel politique, et pas du tout sur le renouvellement des analyses. Quand on écoute Ségolène Royal, il n'y a pas de renouvellement profond des analyses. Le vieux PS est mort et le nouveau va naître après l'élection de Ségolène Royal. C'est le pari qu'ils font.
Au lendemain de la présidentielle, si la gauche n'arrive pas à sortir un président, y aura-t-il un renouvellement du parti ?
Le problème ne vient pas tant des gens. Il faut voir sur quelles bases on fonde la prise de pouvoir au Parti socialiste. Pourquoi ceux qui ont perdu le 21 avril 2002 conservent-ils le pouvoir ? C'est à cause d'un fonctionnement monolithique du PS autour de quelques grosses fédérations. Les clés du renouvellement sont toujours à peu près les mêmes. Peu importe les nouveaux adhérents. Ils viennent, c'est plutôt une bonne chose, mais l'équation est toujours à peu près la même. Ce que je constate depuis quatre ou cinq ans, c'est l'affaiblissement du centre du parti et le renforcement de sa périphérie, avec les fédérations et les baronnies. Après les révoltes dans les quartiers dits difficiles, le CPE et le mouvement des stagiaires, on sent qu'une génération est en train de prendre les choses en mains. Les aînés ont-ils pris cette donnée en compte ? Je pensais que ce serait un thème de campagne... Sans doute, mais il faudrait déjà arrêter de penser qu'il y a deux jeunesses. Je vois bien que ça va être un thème de campagne. Mais on va prendre la jeunesse sous l'angle des délinquants de banlieue qui tapent les flics. Si c'est l'angle à partir duquel on entre sur la question de la jeunesse, c'est-à-dire du potentiel délinquant de chaque jeune, comme ça a été le cas à la dernière élection présidentielle, eh bien, on a perdu l'élection. Ce qui me fascine, comme un sujet d'étude, c'est la façon dont la gauche, aujourd'hui, acquiesce parfois à la façon dont la droite plante le décor. La droite, les médias, toutes les forces de la conservation plantent un décor dans lequel le principal problème de la société française est : comment composer avec des générations de barbares qui sont aujourd'hui en train de foutre à feu et à sang la société ? C'est ce qu'ils disent, ce n'est pas ce que je pense. Évidemment, il y a des problèmes considérables, mais on ne peut pas, nous, ne pas aborder cette question. À côté des réponses de sécurité, il y a la question éducative qui est prioritaire, la question sociale qui est centrale, la capacité qu'on a aujourd'hui à dire qu'on va permettre aux gens de trouver leur place dans la société. Or, qu'est-ce que l'on retient aujourd'hui ? C'est la réponse sécuritaire.
Pour conclure, si vous pouviez donner les trois thèmes d'une campagne de gauche ?
D'abord, la place de l'homme dans notre société, est-ce que ça me donne du pouvoir ou pas ? Comment, aujourd'hui, faire en sorte que dans la démocratie française, où que l'on soit, la parole soit prise en compte, au cours du vote en particulier. Je ne vois pas pourquoi la VIe République ne serait pas une question centrale du débat. Pourquoi pas maintenant, plutôt qu'après ? Il y a aussi la question du travail. Chacun d'entre nous passe la moitié de sa vie à travailler, c'est donc la question des salaires qui se pose. Et puis, enfin, la question de l'éducation.
Propos recueillis par Arnauld Champremier-Trigano

11/14/2006

Réussir ensemble le changement

Le Projet du Parti Socialiste, celui choisi par les militants, contient dans son paragraphe d’introduction, le fondement même de notre Idéal Socialiste. Avant de glisser ton bulletin dans l’urne, nous te demandons de relire cette introduction. Elle exprime l’esprit dans lequel le projet doit être appliqué.
C’est alors, qu’en conscience, tu pourras faire un choix historique parmi les trois candidats. Et si réellement ton choix se fait sur le fond, il n’ y a pas de doute, c’est Laurent Fabius que tu choisiras.

Bien à toi.

Richard Martinez
RM06

Introduction

Les Français sont à la veille de faire des choix décisifs. Ils aspirent à une confrontation politique claire. Notre projet veut répondre à cette attente. Il fixe les grandes orientations que les socialistes développeront dans la campagne électorale. Il trace les perspectives d’action pour le prochain quinquennat, et, au-delà, pour les dix ans à venir. Il propose un chemin d’avenir à la France. Il veut être une contribution au rassemblement de la gauche qui est notre seule stratégie et dont l’unité permettra la victoire.

Nous voulons agir à gauche

Fidèles aux valeurs du socialisme démocratique, nous voulons nous appuyer sur la puissance publique, l’Etat, les collectivités locales mais aussi davantage sur les citoyens, les forces sociales, pour réguler le capitalisme et cantonner le marché à la sphère économique, combattre les inégalités, redistribuer les richesses, préserver les équilibres écologiques, en un mot, transformer la société.
Fidèles à notre héritage républicain et laïque, nous refusons une société dominée par la marchandisation de la vie et structurée autour de «communautés». Nous voulons reconstruire une vie collective à partir de la citoyenneté et offrir à la France le grand projet politique qui lui fait défaut.

Nous voulons redonner un avenir à la France

Nous refusons le discours sur le «déclin français». La droite et l’extrême droite plus encore qui prospèrent sur la peur, veulent persuader les Français que notre pays est aujourd’hui « perdant » dans le monde tel qu’il est, la première pour aller vers plus de dérégulation libérale, la seconde pour refermer le pays sur lui-même.
La France n’est pas ce pays de déclin, de petites querelles et de prévarication que certains voudraient lui tendre comme miroir. La France est un grand pays fier de son message universel. Elle est capable d’assumer toutes les périodes, même les plus sombres, de son histoire. Elle est aussi forgée autour d’une tradition politique, sociale, culturelle qui fait son rayonnement et fonde son destin : celle des Droits de l’Homme, de l’instruction publique, de la République, des principes de solidarité. Il y a là des ressources immenses pour affronter l’avenir.
Les Françaises et les Français n’ont pas peur du monde extérieur, et ils sont profondément européens : mais ils veulent construire un ordre public international, et l’Europe, autour des valeurs de justice, de solidarité et de paix.Les Françaises et les Français n’ont pas peur d’eux-mêmes. Ils veulent vivre dans une République unie, tolérante, ouverte à la diversité, dans une communauté de droits et de devoirs qui bannit toutes les formes de xénophobie, de racisme et d’antisémitisme, de sexisme et d’homophobie. L’idéal laïque permet de conjuguer ces aspirations, car au-dessus de nos différences, il place l’intérêt général.Les Françaises et les Français ne tournent pas le dos à l’excellence et à la compétitivité : ils sont productifs, créatifs ; leurs chercheurs sont reconnus ; leurs entreprises sont performantes ; leurs territoires sont attractifs. Nous avons des atouts, beaucoup de nos concitoyennes et de nos concitoyens sont engagés dans la vie locale ou la vie associative, de façon soutenue et bénévole, témoignant ainsi de leur attachement à la Cité. Nous devons valoriser nos atouts, encourager les initiatives, faciliter tout ce qui contribue à la création de richesses et à la mise en œuvre des solidarités réelles, à la vie concrète de la démocratie.

Nous voulons répondre aux problèmes d’aujourd’hui

Notre pays traverse une crise. Elle est d’abord politique et dépasse les seules institutions pour interroger la République non dans ses principes, mais dans ses pratiques. L’organisation des pouvoirs politiques bien sûr mais aussi financiers et médiatiques est en cause. Mais les réformes institutionnelles n’apporteront pas de remède elles seules à la crise économique –une croissance trop faible et trop peu créatrice d’emplois- et à la crise sociale qui installe la précarité au cœur de notre société. Les Français n’arrivent pas à se figurer l’avenir. Ils se voient projetés dans la mondialisation alors qu’ils constatent que les régulations anciennes deviennent déficientes sans que de nouvelles règles ne soient apparues.Nous faisons face, en effet, à des transformations considérables de l’économie. Avec la domination de la finance mondiale, le capitalisme change d’impact. Il remet en cause les équilibres établis dans les cadres nationaux et essaye d’imposer une dégradation générale de la condition salariale.La concurrence internationale, avec l’entrée dans le marché mondial du travail de la Chine, de l’Inde, du Brésil, les révolutions technologiques, la domination américaine ont profondément modifié la donne. L’épuisement prévisible de ressources énergétiques essentielles, le pétrole particulièrement, et la montée des risques environnementaux obligent à repenser les conditions mêmes de la croissance en l’inscrivant dans une vision plus globale d’un développement durable.


Par ailleurs, la société française se transforme. L’allongement de la durée de la vie de la population -heureuse nouvelle pour tous- exerce une pression inévitable sur le financement de la protection sociale. Les inégalités anciennes demeurent, d’autres s’ajoutent tout aussi insupportables –les précarités, les insécurités, les exclusions ; elles frappent les classes populaires comme les classes moyennes. On ne peut enfin ignorer l’importance croissante prise par d’autres facteurs que le statut professionnel : les discriminations sexuelles ou raciales, les inégalités générationnelles ou géographiques.La crise des banlieues à l’automne 2005, celle du CPE, à l’hiver 2006, différentes par leur nature, nous rappellent cependant toutes deux l’urgence absolue qu’il y a à agir rapidement et fortement.

Le choix

Aujourd’hui, deux voies s’ouvrent aux Français, aux conséquences biens différentes, celle d’une «rupture libérale», celle du «développement solidaire».
La droite, au-delà d’un discours vaguement compassionnel, considère que le « modèle social français » a vécu et prépare une société où chacun est abandonné à ses succès ou à ses malheurs personnels. Le chemin qu’elle trace n’a pas d’autre issue qu’un autoritarisme libéral favorisant de fait le communautarisme. Nous en connaissons les effets. La « France d’après », c’est la France des inégalités et de la division. Inégalités entre pauvres et riches que l’on accentue par l’injustice fiscale et l’atteinte aux droits sociaux. Inégalités entre diplômés et non diplômés que l’on creuse en laissant s’abîmer le système éducatif. Division entre habitants des banlieues et les autres citoyens que l’on renforce parfois par le mépris et surtout par l’inaction. Division, enfin, entre religions que l’on encourage en tournant le dos aux principes de notre République laïque. La rupture des solidarités fondamentales dans notre société conduit aujourd’hui, et demain plus encore aux violences et aux peurs qu’elles engendrent.
Les socialistes, au contraire, veulent une société unie, ouverte, apaisée, qui permet de lutter contre toutes les formes de précarité, de donner à chacun la protection qu’il mérite et l’égalité de chances pour construire sa vie. Nous voulons conjuguer la croissance économique pour apporter la prospérité et la redistribution des richesses, avec la responsabilité vis-à-vis des générations futures.
Notre projet doit à la fois répondre à l’urgence sociale et à l’exigence d’un nouveau modèle de développement. Il doit nous permettre d’agir pour le plein emploi, d’aller vers l’égalité réelle, de refonder la République, en mettant en œuvre une démarche démocratique nouvelle, et de mettre la France en situation de relancer l’Europe et de contribuer à maîtriser la mondialisation.
L’ambition que nous proposons aux Français est collective. C’est une ambition qui s’adresse à tous et demande le concours de chacun. Un projet pour la France. Un projet pour les Françaises et les Français. Un projet pour réussir le changement.

11/11/2006

Pascale Gérard Présidente de RM06, déclare :

J’ai soutenu les démarches de rénovation du Nouveau Parti Socialiste puis de Rénover Maintenant, à la fois parce qu’elles étaient conduites par un collectif et qu’elles ne transigeaient pas avec leurs fondamentaux. J’ai souhaité jusqu’au bout qu’Arnaud Montebourg ne transige pas et soit candidat à l’investiture pour porter nos convictions dans le débat politique public. La rénovation n’a pas de candidat. Je n’ai jamais appartenu à un fan club, ou à un club de supporters (ni dans le sport, ni dans le showbiz, ni en politique). Mes seules fidélités en politique sont les idées d’égalité réelle et de démocratie vivante (institutions, médias…). Dès lors, j’ai analysé, au-delà du Projet Socialiste qui constitue notre socle commun, la cohérence globale du positionnement des trois candidats à l’investiture, à travers leurs textes, et discours, lesquels nous engagent, de fait, auprès du camp de la Gauche dans le débat présidentiel de 2007. Je ne suis pas fabiusienne et je ne le deviendrai pas. Mais les 16 et 23 novembre, je voterai Laurent Fabius car j’estime, en conscience, que sa candidature est celle qui ouvre les meilleures perspectives en terme de réhabilitation de la primauté du Politique, de rénovation institutionnelle, de réorientation sociale de la politique européenne, de réduction des inégalités et de rassemblement à gauche pour faire gagner notre camp.
Amitités Rénovatrices et Socialistes
Pascale Gérard
Conseillère Régionale PACA
présidente RM06