11/01/2006

"Nous reconnaîtrons la prise en compte séparée des bulletins blancs."

"Nous reconnaîtrons la prise en compte séparée des bulletins blancs."
Le projet socialiste pour la France.
La Constitution de la Vème République nous appelle, tous les cinq ans, à exercer l'une de nos diverses responsabilités de citoyens à l'occasion de l'élection du Président de la République. Nous sommes convoqués à accomplir l'acte civique du vote dans les mois à venir, et personne dans la forme actuelle de nos institutions ne viendra en contester l'importance.
Il suffit d'ailleurs pour s'en convaincre de constater l'anticipation pressée par laquelle cette échéance est envisagée. Les Partis s'affairent à cette tâche en fournissant programmes et candidats potentiels à l'hystérie habituelle des médias.
Notre Parti s'est trouvé engagé très tôt, et par devers lui, dans l'action précipitée et "franc-tireuse" de l'une de ses plus vieilles adhérentes. Débordant le calendrier de son propre Parti, cette "camarade" a fait le choix d'un rendez-vous avec l'opinion plutôt qu'avec les militants socialistes.
Devant ce contournement des instances, les militants de notre Parti, déjà inquiets de l'unité de façade produite par l'entremise de la synthèse gadget du Mans, ont compris que leur militance venait de basculer dans un faire-valoir sans consistance, confirmé par la campagne informatique d'adhésions à bon marché.

Le mouvement rénovateur, surgi hors de "la Sainte-thèse du Mans", a représenté un très court instant l'espoir d'un sursaut de l'intelligence socialiste, l'espoir d'une vigilance concernant les processus démocratiques internes au Parti socialiste. Mais très vite "Rénover,maintenant" est apparu aussi pour bon nombre de ses militants comme un faire-valoir au service d'un actionnaire ultra-majoritaire et de quelques petits "grégarios".
Processus démocratique bafoué dans le renversement des décisions collectives.
Processus démocratique dénié par "Le choix de l'alliance", stratégie personnelle d'Arnaud Montebourg.
Processus démocratique trafiqué dans la lisibilité des questions posées aux militants.
Processus démocratique assujetti à des menaces sur les investitures électorales de certains de ses membres.
Processus démocratique évacué dans l'apologie surréaliste de notre "camarade" adoubée par les sondages.
Processus démocratique malmené au profit des ambitions personnelles à peine masquées des petits apparatchiks de la Direction nationale.
Processus démocratique falsifié dans une liste bidon.
Cette cascade d'inconséquences non-exhaustives, est bien suffisante pour entériner la mort de RM sous la forme actuelle de ses renoncements, sauf à vouloir y concentrer toutes les résignations.
Cette façon d'envisager "la chose politique" est indigne de qui prétend se présenter comme un rénovateur.

Une fois chassée l'hypothèse de suivre la fiction proposée dans "Le choix de l'alliance", que reste-t-il (de nos vingt ans : des coups de poings, des coups de sang ?) aux militants d'une véritable RENOVATION SOCIALISTE pour surgir de ces ruines ?

Deux autres hypothèses de soutien se présentent à nous "clés en main" et le bruissement timide d'une troisième qui serait celle du vote blanc.

Situation délicate, s'il en est, tant les camarades rénovateurs pris dans la singularité de leur conscience, voire dans quelque mouvement structuré, s'éparpillent dans ces solutions d'engagements variables.

Partant de la troisième, qui fait moindre consensus pour n'avoir pas dans la tradition militante valeur de véritable engagement, se posent alors plusieurs questions.

Indépendamment de cette promesse du projet des socialistes, mise en exergue, la comptabilité que nous pouvons faire nous-mêmes dès à présent, du vote blanc mais aussi de l'abstention, marquera incontestablement et sans cet aval, l'espace laissé vide par les abandons successifs d'un socialisme de combat militant, d'un socialisme de rassemblement sur des positions de gauche, d'un socialisme de transformation des conditions d'existence dominantes. Elle objectivera pour les rénovateurs socialistes la force tranquille qui leur permettra d'ancrer le PS dans de véritables positions de gauche, et surtout, le rendra acceptable pour ceux qui à sa gauche vivent aujourd'hui tant d'incertitude et de dépit.

Je ne cherche pas à contester que pour cette objectivation "le Laurent Fabius actuel" représente une possibilité accrochante, voire approchante. Toutefois, je pense finalement qu'il est un handicap pour la structuration incontournable des liens avec les camarades extérieurs au PS, voire avec certains d'entre-nous saturés par la trop grande inconstance de nos représentants.
Vous comprendrez que ce qui précède ne m'incite pas à prendre en compte la candidature de Dominique Strauss-Kahn.

Je préfère pour soutenir une position rénovatrice cette hypothèse énoncée par Mickaël Moglia dans sa lettre du 18 août 2006 :
"le courant décide de soutenir un candidat autre que celui soutenu par Arnaud. Cette proposition, que certains formulent, me paraît irréaliste et signerait, de facto, la mort du courant".
Cette considération ouvrait la voie tierce du libre choix qui me semblait être la voie naturelle par laquelle le mouvement rénovateur ne vendait pas son âme à l'encan, et qui aujourd'hui peut trouver la continuité de son sens dans le vote blanc ou l'abstention dont nous serons comptables pour y trouver les conditions du sursaut vers une Rénovation socialiste.

Cette solution a le mérite de transcender les ravages qui ne vont pas manquer d'être produit dans le Parti par la focalisation des enjeux sur l'échéance présidentielle.

Michel Gros
RM 06

2 Comments:

At 6:18 PM, Anonymous Richard said...

Cher Michel,
Je peux tout à fait comprendre que tu considères que L.F. soit un handicap pour une (re)structuration des liens avec les camarades de gauche extérieurs au PS. Cela veut dire que tu ne crois pas en sa sincérité. Tu n'accordes pas le bénéfice du doute. Tu ne crois pas que nos partenaires pourraient le croire également. Mieux, tu dénies les combats que nous avons menés ensemble. Je pense au référendum, comme tu dois t'en douter. Tu ne crois pas non plus qu'il est parmi les 3 candidats celui qui défendra le mieux les aspirations des Français de gauche qui se sont exprimés pour le non au TCE, d'ici 2008. Tu donnes ta préférence à nos divergences plutôt qu'à nos convergences. Je ne discuterai pas ces points avec toi, car c'est peut-être toi qui a raison.
Mais en utilisant le vote blanc, je crois que tu te trompes d'élection, en tout cas d'échéance.
Puisque nous n'avons pas de candidat, le panache des rénovateurs c'est justement d'accepter le compromis. Accepter une alliance avec DSK ou Ségo, c'est de la compromission, je te l'accorde. Mais relis les motions du congrès du Mans, celle de Fabius était très proche de celle de NPS. En votant blanc, tu donnes raison à Montebourg d'avoir pris au mépris des règles que nous nous étions collectivement fixées une décision personnelle qu'il a tenté ensuite de nous imposer. En votant autrement que blanc, on montre que notre mouvement est dans une action constructive mais exigeante envers notre futur partenaire, et non dans une réaction purement contestaire. Alors pour les rénovateurs ce serait Arnaud et point de salut pour ceux qui nous tendent la main ?
Accorder notre confiance à Fabius c'est au contraire être cohérents. A nous, par notre vigilance et notre exigence d'être garants que ce qui a été dit sera fait.

Bien à toi
Richard

 
At 11:41 PM, Anonymous michel gros said...

Richard mon ami,
J'ai mené mes convictions socialistes à s'accomplir dans le non au référendum. Je l'ai fait dans le cadre de la Ligue des Droits de l'Homme dont j'étais un militant actif. Ce non au référendum est bien plus sûrement le succès de ces associations, de ces regroupements situées à la gauche du PS que le succès du PS.
Quant au congrès du Mans, la "sainte thèse" signée par Fabius et par le NPS est une régression par rapport au vote des français à ce référendum. Première alerte qui est à l'origine de la fondation de RM. Et comme, être socialiste cela n'est pas seulement être membre du Parti socialiste, être rénovateur n'est pas seulement être membre de RM, la chose de Montebourg au service de Montebourg. Cela je le sais depuis le début de mon engagement dans ce mouvement, parce que je suis toujours d'une extrême vigilance sur la question du "leader", sur la question du savoir du "Maître", sur la question de mon propre "savoir" comme m'y engage mon métier dont nous avons souvent parlé ensemble.
Tu dis que je me trompe d'élection, et moi je te réponds que les élections parfois sont trompeuses elles-mêmes. Que les peuples, les "pauvres" comme dit Thomas, souvent en pâtissent dans des paysages benoîtement considérés comme démocratiques. Qu'il est nécéssaire d'entretenir dans ces circonstances, comme dans beaucoup d'autres, des pensées distanciées. Comme le bras de levier de Platon pour soulever le monde trouve son point d'appui à l'extérieur du monde lui-même. J'ai toujours imaginé que la rénovation pouvait être cette distance incompressible sans laquelle le moteur de l'action devient poussif.
L'action mal alimentée devient elle-même poussive. Le programme socialiste alimente mal le socialisme. Une "tisane froide" disait au temps de sa "splendeur" qui tu sais dans une sémantique de café du Commerce. Les discours aujourd'hui de nos trois mousquetaires du socialisme ne construisent pas le moteur qui servirait la puissance de notre idéal propre à fonder le réel où se soulagerait la pauvreté des pauvres.
Pire, je crois que les socialistes ne savent pas dans quelle dureté du monde ils vivent.
C'est pourquoi je préfèrerais compter la réprobation que faire caution par le nombre à l'instinct grégaire.
Avec ma profonde amitié certaine de la tienne.
Michel

 

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